Haïti : Les Kényans sont là, quels sont nos plans ?
1994, 2004, 2024, pour la troisième fois en trente ans, des troupes étrangères débarquent en Haïti à la demande et/ou en accord avec des autorités haïtiennes pour aider à restaurer l’ordre démocratique et la paix dans le pays.
1994, 2004, 2024, pour la troisième fois en trente ans, des troupes étrangères débarquent en Haïti à la demande et/ou en accord avec des autorités haïtiennes pour aider à restaurer l’ordre démocratique et la paix dans le pays.
Cette fois, elles proviennent majoritairement d’Afrique, du Kenya, après l’expérience de 1994 qui était majoritairement américaine et celle de 2004 que le Brésil avait conduit.
Les Kényans sont sur le territoire national pour porter assistance à la Police nationale d’Haïti suite aux demandes répétées des autorités haïtiennes. Les gangs et la classe politique ont mis à genoux l’Etat et ont anéanti la sécurité de la population. Le pays n’avait plus la capacité de mener seul son destin.
Dans un premier temps, la demande de support d’une force étrangère émanait du premier ministre Ariel Henry, puis le président du Conseil Présidentiel de Transition Edgard Leblanc Fils, en son nom et aux noms de tous les membres du CPT, a réitéré l’appel à l’aide.
Si le CPT a écrit directement au président du Kenya, la demande du premier ministre Henry avait abouti au vote d’une résolution (2699) du Conseil de sécurité de l’ONU.
Légalement tout est clair. Les autorités constituées haïtiennes ont, d’un gouvernement à l’autre, formulé une demande et ont les deux (Henry et CPT) signé des accords avec le Kenya. Ce 25 juin 2024, c’est le premier ministre Garry Conille qui a inauguré la mission kényane.
Politiquement, si la demande d’Ariel Henry était contestée par des partis d’opposition, aujourd’hui les opposants en question sont installés au sein du Conseil Présidentiel de Transition et plus personne de la classe politique ne met en question l’opportunité ou l’utilité du déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité qui a débuté ce 25 juin.
Cela dit, comme en 1994, comme en 2004, en 2024 le déploiement de la force arrive alors qu’il n’existe aucun vrai plan pour construire et consolider les institutions démocratiques ni les organes de sécurité.
Encore une fois, le pays va essayer de bricoler des solutions en cours de route. Nous allons tout tenter avec la désinvolture et la foi dans la chance qui nous caractérisent.
La seule différence, plus qu’en 1994, plus qu’en 2004, toute la classe politique, tous les représentants du secteur privé, toutes les associations de la société civile et tutti quanti sont au pouvoir.
Le plan Haïti est inconnu mais l’attente est immense.
France Duval – Le nouvelliste.com


