Güler invente, Demiral exécute, Günok sauve… et Türkiye rêve.
e fut une soirée inoubliable à Leipzig. La démonstration que dans une Euro Coupe, même le match le plus discret peut être merveilleux. Surtout s’il s’agit d’un duel en huitièmes de finale tout ou rien. La Turquie continue de rêver et jouera les quarts de finale contre les Pays-Bas. Güler a inventé et assisté, Demiral a exécuté et marqué (un doublé) et Günok a sauvé d’une main stratosphérique lors du dernier jeu du match.
Ce fut un match (très) compliqué pour la Turquie. L’Autriche, qui venait d’être leader du groupe France-Pays-Bas, faisait peur. De plus, Calhanoglu, capitaine et star des Ottomans, était absent pour cause de suspension. Il dut inventer l’Aéroplanino. Güler, plus avancé en fausse position neuf… et Yilmaz assumant beaucoup de libertés du côté droit.
Mais, en réalité, tout a basculé grâce au coup de pied arrêté. Et un peu de fortune. Dès la première minute, Türkiye avait déjà gagné. Un centre de Güler depuis le corner était empoisonné, mangé par Pentz et mal dégagé par Baumgartner. La fortune a laissé le ballon aux pieds d’un Demiral qui n’a pas failli. Tout bascule pour les Turcs.
Puis vinrent 10 minutes de folie absolue. L’Autriche a bien réagi, se rapprochant de son rival et se créant ses meilleures occasions de la première mi-temps. Baumgartner lui-même a failli marquer quelques secondes après le 0-1. Et à la cinquième minute, Demiral a pris un autre corner sur la ligne qui portait du poison. Héros absolu le défenseur central d’Al Ahli.
Güler brille à nouveau
Arda, quant à elle, a pris des gallons et a tout osé. Il est tombé sur la droite et a dribblé, a pris le coup franc en l’absence de Calhanoglu (et Demiral a failli marquer à nouveau le deuxième sur un corner)… il a même tenté sa chance depuis le milieu de terrain avec un long ballon. Mais la Turquie savait qu’elle devait endormir le match et anesthésier l’Autriche. Il l’a fait et les pays d’Europe centrale ont commencé à souffrir. Ils ne parvenaient pas à trouver confiance dans leur jeu.
Mais la deuxième partie était différente. Rangnick, au début, jouait déjà contre l’équipe et a effectué un double remplacement. Il a commencé à jouer avec deux attaquants, rejoignant Arnautovic et Grigoritsch devant. Ils dévastaient le but de Günok et les occasions commençaient à se présenter… mais la relation Güler-Demiral était douce. Et donc c’était 0-2
Encore une fois sur un corner, mais cette fois le ballon est passé du pied d’Arda à la tête de Demiral sans avoir besoin d’intermédiaires. Un superbe but qui a porté le score à 0-2 et a fait de l’ancien joueur de l’Atalanta ou de la Juventus le premier défenseur à marquer un doublé dans un match à élimination directe de Coupe d’Europe ou de Coupe du Monde depuis Lilian Thuram lors de la Coupe du Monde 1998. Ce n’est rien.
La dernière vie de l’Autriche
Cependant, il était quand même parti. A la 66e minute, l’Autriche marquait 1-2… encore une fois après un corner ! Cette fois, Posch s’étendait au cœur de la surface et Gregoritsch, sans marquage, terminait le deuxième. Le match s’est ouvert et l’Autriche a choisi d’y croire. Türkiye a pourtant su se défendre… non sans souffrir.
Demiral a réalisé un superbe match avec 13 dégagements (en plus du doublé). La défense turque était un front contre lequel l’Autriche se heurtait. Incapable de trouver la moindre fissure, le temps s’est écoulé sous la pluie à Leipzig. Il restait cependant une dernière frayeur. Un centre dans la surface que Baumgartner a dirigé de la tête et que Günok a retiré d’une main emblématique qui a rappelé, pourquoi pas, le Pelé de Banks au Mexique 1970.
Mais l’égalité n’a pas eu lieu et la Turquie a célébré sa place en quarts de finale. Leur première participation à ce tour depuis 2008, lorsqu’ils étaient troisièmes de l’EURO en Autriche et en Suisse précisément. Votre rival sera désormais les Pays-Bas.
Les Turcs, à toute vitesse
Le but de Demiral dès la première minute de jeu était le premier but de toute l’histoire des éliminatoires de la Coupe d’Europe. Le deuxième plus rapide de l’histoire du tournoi européen : le premier est celui de Bajrami lors de cette Euro Coupe contre l’Italie avec 23 secondes. Curieusement, les Ottomans ont déjà marqué le but le plus rapide de l’histoire de la Coupe du monde : Hakan Sukur a marqué en 11 secondes contre la Corée du Sud lors du match pour la troisième place de la Coupe du monde 2002.
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