IA : le nouvel antibiotique ?
L’EDITO
L’intelligence artificielle (IA) a d’ores et déjà bouleversé de nombreux pans de l’économie. Mais un des domaines où les experts ont le plus d’espoir quant à son application est la santé, et Google est l’un des acteurs les plus importants de ce secteur.
Selon Karen DeSalvo, vice-présidente chargée de la santé chez Google, l’arrivée de l’intelligence artificielle dans la médecine sera comparable à la révolution des antibiotiques. “L’IA va nous obliger à repenser la science, la formation des médecins, la pratique médicale”, a-t-elle expliqué lors d’un long entretien accordé à L’Express. La durée des maladies, le mode d’administration des médicaments et le rôle des hôpitaux seront métamorphosés par cette nouvelle technologie, selon cette ancienne médecin.
Des outils d’intelligence artificielle développés par Google sont ainsi d’ores et déjà utilisés dans certains établissements. À l’hôpital Apollo, en Inde, l’IA aide les médecins à synthétiser les dossiers des patients, et lorsqu’un malade prend un rendez-vous, elle résume son historique médical et lui pose des questions, via un chatbot, avant de compiler ces informations pour le médecin.
Aux Etats-Unis, un groupe hospitalier l’utilise pour aider les infirmiers à rédiger des résumés des soins prodigués aux patients et faciliter la transmission des informations lors des changements d’équipe.
Google mène également des recherches dans le développement d’outils d’aide au diagnostic ou au traitement, dont l’objectif serait d’épauler les médecins, et leur permettre de passer moins de temps devant l’écran de leurs ordinateurs, et plus de temps à soigner leurs patients. “C’est un peu comme avoir un excellent interne qui vous assiste tout le temps, qui vous aide à vous rappeler des informations cruciales, vous signale des éléments importants du dossier du patient ou vous présente les dernières avancées scientifiques.”
Surtout, Google a développé AlphaFold. Cet outil de compréhension et de prédiction du repliement et de la structure des protéines, a été mis au point par deux chercheurs de Google, qui viennent d’être récompensés par un prix Nobel. “Aujourd’hui plus de 2 millions de chercheurs dans le monde l’utilisent en open source pour découvrir de nouveaux médicaments”, précise Karen DeSalvo.
Pour la vice-présidente de Google, « l’IA nous aidera probablement à découvrir de nombreux traitements.” Cependant, le principal avantage de l’IA se trouverait ailleurs : “La réalité, c’est que la plupart des gens dans le monde ont d’abord besoin de prévention. Si vous voulez vraiment aider le plus grand nombre de personnes, l’essentiel reste de les empêcher de tomber malade.” Et là aussi, l’intelligence artificielle a un grand rôle à jouer.
par Aurore Gayte – Lexpress


