Les chiffres le disent : la Juve est la pire des 14 dernières années. Même avec Delneri, il a gagné plus
Thiago Motta compte 38,71% de réussites, seuls Zaccheroni (38,10%) et Puppi (24,19%) ont fait pire
Antonio Conte, l’homme qui a fait tomber l’invincibilité de la Juventus en championnat après 10 mois, appartient à la race des gagnants du premier coup. A la Juventus, il existe (et persiste) un étrange tabou : tous les nouveaux entraîneurs qui n’ont pas réussi à remporter le drapeau tricolore du premier coup n’y sont plus jamais parvenus. Le dernier fut Heriberto Herrera, signé en 1964 et vainqueur du championnat en 1966. Une tradition qui dure depuis près de soixante ans et que Thiago Motta devra tenter d’éradiquer à partir de la saison prochaine. En fait, il est difficile, à vrai dire, presque impossible – même si dans le football on ne peut jamais dire jamais jusqu’à ce que les mathématiques deviennent une condamnation – d’imaginer que l’entraîneur choisi l’été dernier pour ouvrir un nouveau cycle, titulaire d’un contrat de trois de un an, peut réduire l’écart de 16 points avec le leader du championnat, Naples, lors des 16 prochaines journées. Personne n’a demandé à Motta de gagner immédiatement, car le club est conscient de la profonde révolution technique qui a eu lieu – et est toujours en cours – cette saison, mais la quatrième place, ce qui signifie la Ligue des Champions (sans la possibilité que le classement nous garantisse 5 de plus équipes) a toujours été l’objectif minimum de la Dame, qui n’a rarement été atteint et lorsque cela s’est produit, cela a souvent coûté leur travail aux entraîneurs. Comme Gigi Maifredi, limogée après avoir terminé septième, ou comme Maurizio Sarri et Andrea Pirlo, qui n’ont tenu que 12 mois malgré avoir soulevé des trophées. Thiago ne court pas ce risque, du moins selon ce qui vient du siège de la Juventus, où toute la direction (à commencer par John Elkann, qui a pleinement soutenu le choix) soutient son leader et veut avancer avec lui même en cas d’échec. Ligue des champions, mais après 22 journées, il y a beaucoup de déception dans le milieu. Bilan négatif Le calcul ne tient pas, comme le dit la comparaison avec le passé récent de Madame, qui le condamne au pire des 14 dernières années. Pour retrouver une Juventus avec moins de points qu’aujourd’hui (37), il faut remonter à 2010-11, 35 avec Delneri sur le banc : une victoire de plus mais 5 défaites et beaucoup moins de nuls (8), l’équipe a terminé septième et l’entraîneur est parti placé à Conte après un an.
Les chiffres ne s’additionnent pas et le mois de janvier a été avare de satisfactions, à l’exception de la victoire en championnat contre Milan : les Bianconeri ont été éliminés en demi-finale de la Super Coupe et mis à part le 2-0 à l’Allianz Stade contre le Diable, ils ont récolté trois nuls. Un seul, celui contre Bruges, a suffi pour accéder aux éliminatoires de la Ligue des champions, mais la Dame risque désormais de devoir jouer les huitièmes de finale contre un club de haut niveau. Cela dépendra du résultat contre Benfica et de celui des autres, mais entre-temps, la sonnette d’alarme sonne depuis longtemps dans le ventre de Maradona. Pas tant pour la défaite, qui pourrait arriver contre les premiers de la classe, mais pour la façon dont ils ont mûri, après une première mi-temps bien jouée et la seconde à la merci de l’incapacité de réagir. Le caractère, cela semble surtout manquer dans une équipe très jeune en âge (et c’est un facteur atténuant, même pour l’entraîneur à qui il faut laisser le temps de se tromper) mais en même temps renforcée dans le été avec des hommes d’expérience qu’ils auraient dû prendre le groupe par la main et se sont jusqu’à présent limités à patauger au milieu des difficultés. Il faut un choc immédiat pour ne pas se condamner à une saison médiocre et ne pas annuler tout le bien qui a été fait jusqu’à présent. Cette année doit être une année de croissance, elle doit servir à jeter les bases d’un avenir meilleur, mais pour le moment, il est difficile d’y voir un peu de lumière.
fragilité
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Motta a souligné la bonne performance du premier semestre et c’est là qu’il faut recommencer, mais en analysant ce qui n’a pas fonctionné et surtout en corrigeant les problèmes qui risquent de devenir structurels. Le premier est l’incapacité à garder le bouchon branché tout au long du match : 17 points gaspillés dans des situations avantageuses, c’est une énormité, signe de la fragilité mentale de ce groupe. Cagliari, Venise, Milan en Supercoupe et maintenant Naples sont quatre indices qui en fournissent plus d’une preuve, 4 occasions où la Juventus a pris l’avantage à la 45e minute et a su revenir en seconde période. Une question physique, a expliqué Motta samedi soir, mais des insouciances comme celles de Locatelli sur le penalty accordé (entre autres capitaine et toujours l’un des meilleurs de la dernière période) ou de Cambiaso sur l’action du premier but ne sont pas justifiables. comme ça.
Cette équipe ne sait pas gagner, les chiffres le disent : Motta a 38,71% de réussites, seuls Zaccheroni (38,10%) et Puppi (24,19%) ont fait pire. Delneri lui-même était à 40 %. A l’ère des trois points, un nul équivaut presque à une défaite et Thiago détient le record de nuls tant en Italie qu’en Europe. Motta a longtemps eu l’alibi des blessures et l’absence de Bremer pèsera comme un fardeau, mais le garra, qui jusqu’au bout a toujours été la devise de la Dame, n’a pas grand-chose à voir avec tout le reste. Le sentiment est que l’équipe s’est adaptée à une médiocrité qui n’appartient pas à l’ADN de la Juventus. Elle ne réagit pas, elle ne répond pas aux stimuli, elle se contente d’être jolie pendant un moment mais elle n’a pas ce feu sacré auquel la Juventus du passé nous avait habitués.
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