Le Fujian, troisième porte-avions chinois doté de technologies ayant peu d’équivalents dans le monde

Le Fujian, troisième porte-avions chinois doté de technologies ayant peu d’équivalents dans le monde

L’armée chinoise franchit un cap avec son troisième porte-avions, le Fujian, doté de technologies ayant peu d’équivalents dans le monde

La Chine a mis en service son troisième porte-avions. C’est le premier de sa flotte équipé d’un système de catapultes électromagnétiques, une technologie que seuls les Etats-Unis possédaient jusqu’ici.

La Chine franchit un cap avec son troisième porte-avions

Baptisé « Fujian », le troisième porte-avions chinois a officiellement été mis en service mercredi 5 novembre, lors d’une cérémonie sur l’île tropicale de Hainan, au sud du pays, en présence du président Xi Jinping, selon l’agence d’Etat Chine Nouvelle.

La Fujian avait effectué ses premiers essais en mer en 2024. Il s’agit du premier porte-avions chinois doté d’une technologie de catapultes électromagnétiques, que seuls les Etats-Unis possédaient jusqu’ici. Les avions y sont propulsés par une série de champs magnétiques créés par un moteur.
Des avions lourdement armés

Le Fujian peut désormais propulser une plus grande variété d’avions, plus lourdement armés et dans un meilleur rayon d’action que ses deux prédécesseurs. La Chine dispose déjà du Liaoning, de conception soviétique et acheté à l’Ukraine en 2000, et du Shandong, premier modèle à avoir été construit en Chine, mis en service en 2019.

Contrairement au Fujian, ils sont équipés d’une rampe de type « tremplin », qui ne permet pas aux avions de décoller avec autant de puissance. Cela les contraint à emporter moins d’armes et de carburant.

C’est un cap qui est franchi par Pékin, engagé dans une rivalité navale avec Washington, en mer de Chine méridionale et autour de Taïwan. Les Etats-Unis étaient jusqu’ici les seuls à posséder un porte-avions similaire : le Gerald R. Ford. « Aucun pays occidental, à part les Etats-Unis, n’exploite un porte-avions d’une taille et de capacités similaires », confirme Alex Luck spécialiste des armements navals.

Un quatrième porte-avions

Mais l’expert nuance : « il faudra encore plusieurs années avant que ce porte-avions atteigne une réelle capacité de combat ». Et c’est seulement avec plusieurs porte-avions de ce type, que l’empire du Milieu pourra « bouleverser réellement l’équilibre des forces ».

Pékin reste toutefois sensiblement derrière les Américains en termes de capacité de projection, soulignent la plupart des analystes. La Chine manque « d’expérience opérationnelle et de combat réel », pointe Collin Koh, spécialiste des questions navales en Asie-Pacifique à l’Université de technologie de Nanyang, à Singapour.

Le Fujian sera probablement utilisé pour des exercices militaires, des essais et pour tirer de nouveaux enseignements destinés aux futurs porte-avions.

Depuis plusieurs décennies, la Chine investit massivement dans la modernisation de ses forces armées. Et cette tendance inquiète ses voisins asiatiques. Pékin revendique les eaux stratégiques de la Mer de Chine méridionale. Cette zone, qui voit passer plus de 60 % du commerce maritime mondial, est riche en ressources halieutiques et énergétiques avec la présence de pétrole et d’hydrate de méthane. Et elle y maintient une présence militaire.

Des rumeurs persistantes évoquent déjà la construction d’un quatrième porte-avions, qui pourrait être mis en service au début des années 2030.

Les Echos

Barham

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